• Les Impressions NouvellesJe parlais récemment du dernier roman de Gilles Sebhan, La Semaine des martyrs, paru cette rentrée aux Impressions Nouvelles. Il mettait en scène un certain Gilles, écrivain, allant rendre visite à son ami Denis, photographe installé au Caire. Pris dans les événements de janvier 2011, les deux artistes décidaient d’en faire un livre consacré aux « martyrs » tombés pendant ces journées et à leurs familles.

     

    Ceux qui voudraient en savoir plus sur le vrai livre de Gilles Sebhan, écrivain lui aussi, et les images de Denis Dailleux, qui est également photographe, pourront, s’ils sont parisiens, se rendre le mercredi 12 octobre à la librairie Les Mots à la bouche à partir de 19 h. L’un y parlera de La Semaine des martyrs, l’autre de Ghana (Le Bec en l’air), son dernier recueil de photos, consacré essentiellement aux pêcheurs de ce pays d’Afrique. Gilles et Denis dialogueront aussi ensemble et avec vous.

     

    Les Mots à la bouche, 6, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 75004 Paris

     

    Sur la couverture du livre de Gilles Sebhan figure une photo de Denis Dailleux.


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  • Catherine Clément, Un long regard sur l’IndeCatherine Clément a, c’est le moins qu’on puisse dire, plus d’une corde à son arc : on la savait philosophe, essayiste, romancière, journaliste, on connaissait ses nombreuses missions et activités dans le domaine culturel. On était moins au courant de ses dons d’aquarelliste, quoiqu’il suffise d’être de ses amis sur Facebook pour en avoir de temps à autre un aperçu. Cette passion s’associe à son amour pour l’Inde, où elle a vécu, dans le beau livre que publient ces jours-ci Les Impressions Nouvelles.

     

    De page en page, ce sont donc des aquarelles, poétiques et colorées, souvent ravissantes, où s’évoquent un monument dans la verdure, un temple abandonné, un étang silencieux… En regard, un bref commentaire, qui mêle souvenirs, anecdotes, légendes et considérations érudites ­— le tout teinté d’un humour qui ajoute encore au charme de l’ensemble.

     

    En librairie le 6 octobre.

     

    Catherine Clément dédicacera son livre le 11 octobre à partir de 18h30 à la Route des Indes (7, rue d'Argenteuil, 75001 Paris).


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  • Mardi dernier au Café de la Mairie

     

    Mardi dernier au Café de la MairieMardi dernier au Café de la Mairie

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mardi 13 septembre, au Café de la Mairie, dans le cadre des Mardis littéraires de Jean-Lou Guérin, j'animais une soirée consacrée à Marie Sizun et à son dernier roman, La Gouvernante suédoise. L'auteure répondait à mes questions et à celles du public. Patrice Bouret lisait des extraits.


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  • La Gouvernante suédoise au Café de la MairieJ’ai dit récemment le bien que je pense du dernier roman de Marie Sizun, La Gouvernante suédoise (Arléa). Comme je l’ai indiqué aussi à la fin de mon article, j’animerai, le mardi 13 septembre, dans le cadre des Mardis littéraires de Jean-Lou Guérin, une soirée consacrée à ce livre en présence de son auteure. Celle-ci répondra à mes questions, puis à celles du public, avant de dédicacer son œuvre à qui voudra. Patrice Bouret, comédien, lira des extraits.

     

     

     

     

     

    Tout cela aura lieu au Café de la Mairie (1er étage), 8, place Saint-Sulpice, 75006, Paris, à 20 h 30. J’aurai plaisir à vous y rencontrer.

     

    P. A.


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  • www.objectifgard.com

     

    Je l’avoue, je me faisais des idées sur Mistral : avec son chapeau d’artiste et sa lavallière, je le voyais plus ou moins comme un personnage sorti des livres de son ami Daudet, toujours un pécaïre ou un troundelaïre à la bouche, fondateur de surcroît d’un club régionaliste plutôt réac.

     

    Mais les idées, reçues ou non, n’empêchent pas la curiosité. Et il y avait de quoi s’étonner devant cette étrange entreprise : l’édition bilingue d’un poème provençal en hendécasyllabes et en douze chants, déjà publié dans le texte original et dans sa traduction française par le poète lui-même en 1897 (l’année du Coup de dés), où le futur Prix Nobel (1904) raconte les exploits des mariniers qui, de son temps, sillonnaient encore le Rhône. Sur la page de gauche figure le texte provençal, sur celle de droite la version française, due à Claude Guerre, homme de théâtre, de radio et de poésie, auteur également de la préface et des notes ­— selon les principes qui ont déjà présidé à une récente édition, toujours chez Actes Sud, de l’Enfer de Dante, dont j'ai parlé.

     

    On feuillette, un peu perplexe… et, pourquoi ne pas le dire, on est pris, comme on le serait par le courant du fleuve lui-même. Ce sont donc sept embarcations attachées ensemble qui vont de Lyon à Beaucaire, pour la foire, chargées de marchandises (des « ballots de tout acabit, des rouleaux / de cuir, des soies fastueuses de Lyon. / Des bottes de chanvre, des sacs d’aliments (…) / ces produits qu’on s’ingénie à fabriquer là-haut dans le Nord »), et de quatre-vingts chevaux pour le retour, la « remonte » (« Sur la digue aux pavés bossus, la longue / cordée entraîne, contre l’eau qui fouette, / la lourde peine du convoi »). Au fil de l’onde, on rencontrera tous les éléments classiques de l’épopée : lutte contre les éléments, description réaliste des travaux et des jours en une époque antérieure à la canalisation des fleuves et à l’industrialisation de leurs rivages, mythes et légendes nés sur ces rives et venant mêler sans complexes le merveilleux au quotidien le plus terre-à-terre (« Je dis qu’en ces parages, rien n’étonne »). Plus, évidemment, une belle histoire d’amour et de mort, entre le prince d’Orange, mystérieusement embarqué sur le convoi, et l’Anglore, fille du fleuve un brin sorcière ou fée. Tout cela se terminera par une « catastrophe » quand, au chant XII, un bateau à vapeur, « dont les roues s’agitent comme des griffes, / soulevant l’eau en des vagues géantes », provoque la noyade de l’attelage et la perte de la cargaison. « C’est la fin du métier… mes pauvres collègues, / vous pouvez le dire : adieu la belle vie ! / Le grand Rhône a crevé pour tous aujourd’hui ! » Voilà pour l’aspect réactionnaire, au sens le plus strict.

     

    Poème épique, donc, et, dans l’esprit de Mistral, poème d’une époque et d’un peuple. Mais, pour nous, d’abord poème de l’eau, du soleil et de l’être au monde :

    « Elle descend. Elle se sent revêtue

    par l’habit magnifique du grand ruisseau

    jusqu’à la taille. Puis plus haut encore.

    Alors, elle ne pense plus qu’au bonheur

    De son être emmêlé fondu au Rhône »…

    Claude Guerre prétend « donner aux lecteurs français un poème à la beauté égale au poème provençal initial ». On peut, à dire vrai, contester certains de ses choix, une volonté de modernisation qui affleure par exemple dans des « ouais ! ouais ! » intempestifs. Mais, outre l’ampleur et l’originalité de son travail, il sait à l’évidence être fidèle à celui qu’il faut décidément considérer comme un grand poète chaque fois que celui-ci approche la présence muette des choses :

    « Alors les faucons planent sur les hauteurs,

    (…) et les vautours talochent

    le ciel à grands cercles. Entre les rives,

    silence et solitude. Le long convoi

    descend pacifiquement vers l’horizon

    si vaste. Et si vaste le silence !

    que le monde semble à mille lieues de nous. »

     

    («  Entre li bord amudi, soulitàri,

    Pacifico descènd la longo floto

    Qu’à son entour es talo l’avalido

    E talamen es vaste lou silènci

    Qu’à milo lègo sèmblo liuen dou mounde »).

     

    P. A.

     


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