• photo Pierre Ahnne

     

    « J’étais convaincue que les objets, tout comme les plantes, se baladaient la nuit et ne revenaient à leur place qu’au lever du jour pour ne pas se faire prendre, toujours au dernier moment. Dans la véranda, j’allumais la lumière pour arriver à surprendre les derniers mouvements de la table et des chaises, mais je n’y arrivais jamais, c’était toujours un poil trop tard. Les meubles étaient malins, surtout les miroirs, qui connaissaient l’intérieur des gens. »

     

    Herta Müller, Tous les chats sautent à leur façon


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    « Ensuite les tables furent couvertes de viandes ; antilopes avec leurs cornes, paons avec leurs plumes, moutons entiers cuits au vin doux, gigots de chamelles et de buffles, hérissons au garum, cigales frites et loirs confits. Dans les gamelles en bois de Tamrapanni flottaient, au milieu du safran, de grands morceaux de graisse. Tout débordait de saumure, de truffes et d’assa foetida. »

    Flaubert, Salammbô

     

     Illustration : Ferula assa-foetida


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    « Bastien habite une maison seule au bout d’un terrain vague. Il a planté des cyprès pour se cacher la vue du cimetière. "Pourvu que je ne voie pas les fleurs, dit-il, les croix cela s'oublie". »

    Joé Bousquet, Le Médisant par bonté


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  • photo Pierre Ahnne

     

     

    « L’extase — moi ça m’intéresse,

    L’extase.

     

    J’ai comme idée

    De ce que c’est,

    Une petite idée.

     

    Je pense que ce n’est pas mal :

    Avoir bien mangé, bien bu

     

    Et l’extase encore

    Par-dessus. L’extase.

    La vraie belle vie. »

     

    Guillevic, Les Chansons d’Antonin Blond


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    « De mon entrée dans la forêt je ne me souviens pas, mais je me rappelle l’instant où je me suis retrouvé là-bas, devant un arbre couvert de pommes rouges. J’étais si stupéfait que je fis quelques pas en arrière. Mon corps se souvient mieux que moi de ces pas en arrière. Chaque fois que je fais un faux mouvement du dos ou que je recule, je vois l’arbre et les pommes rouges. »

     

    Aharon Appelfeld, Histoire d’une vie


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