• photo Pierre Ahnne

     

    « Quand un petit homme cherche, angoissé, un endroit où vivre dans une ville inconnue, il se trouve brusquement privé des défenses que le savoir dresse contre les emprises de la magie. Les esprits diaboliques qui hantaient le monde primitif reviennent de leur exil. Rusés et triomphants, ils se glissent dans les cavités secrètes des pierres, dans les veines du bois, dont la connaissance les avait extirpés. L’étranger solitaire, effrayé par son ombre, inquiet du bruit de ses pas, avance parmi les rangs attentifs des divinités inférieures aux noirs dessins. »

    Tennessee Williams, Malédiction


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    « Ils ne sont pas pour Hitler, mais avec Hitler c’est pas tout du mauvais non plus. Dans son pays, il a fait des routes. Si on va par là, dans un pays, les routes ça compte. Mussolini aussi il a fait du bien dans son pays. Lui aussi il a fait des routes. Il a fait des routes et il a assaini les marais pontins. Il suffit de les regarder pour se rendre compte que ça doit être très important de faire ça, les marais pontins. À l’école, l’année d’avant, j’ai appris les marées. Pontins, je ne sais pas ce que c’est, mais ça doit être des hommes qui arrêtent les marées. Des hommes tout nus. »

    Louis Calaferte, C’est la guerre


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  • photo Pierre Ahnne« Quelques sujets de rédactions me reviennent : « Préparatifs de noces chez les Zoulous. » Ou bien : « Le destin d’une boîte à conserves. » Ou bien : « Quand j’étais un bonbon de sucre d’orge et devenais de plus en plus petit dans la bouche d’une petite fille. » Ce qui importait au professeur, c’était d’alimenter notre imagination. »

    Günter Grass, Les Années de chien


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    « Tous, dans la rue, cueillaient son image. Au crépuscule, dans ce premier abandon de la nuit romaine, si lourd de rêves, à l’heure de rentrer chez soi… voici que fleurissaient vers elle, des encoignures et des trottoirs, particuliers ou collectifs, en hommage, des bouquets de regards : éclairs et flamboyantes œillades juvéniles, un chuchotis, parfois, qui l’effleurait, murmurante oraison du soir. Il arrivait aussi, en octobre, que de l’évanescente coloration des choses, de la tiédeur des murs, émanât quelque poursuivant impromptu, Hermès voltigeur aux courtes ailes de mystère, ou remonté, qui sait, vers les vivants et leur capitale, par d’étranges Érèbes nécropolitains. »

    C. E. Gadda, L’affreux Pastis de la rue des Merles


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    « Joe Chip sortit un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l’évier ; il s’en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.

    — Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.

    — Je n’ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j’en mourrai . »

    Philip K. Dick, Ubik


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