• Quelques lectures pour la fin de l’année 2015

    Comme tous les ans, des rappels et des suggestions, à déguster à l’abri de froidures qui s’annoncent cette année plus métaphoriques que sensibles…

     

     

    photo Pierre Ahnne

     

     

     Des livres dont j’ai parlé…

     

    Vea Kaiser, Blasmusikpop (Presses de la Cité)

    Une de mes découvertes de la rentrée : le premier roman de cette jeune écrivaine autrichienne mêle chronique villageoise, récit d’éducation et réflexion sur le même et l’autre avec une énergie jubilatoire.

     

    Michel Longuet, Le Divan illustré (Les Impressions nouvelles)

    L’admirable dessinateur se révèle aussi un écrivain dans ce récit d’une analyse qui associe subtilement ses deux talents.

     

    Herta Müller, Dépressions (Gallimard)

    Au-delà du témoignage sur son enfance roumaine, la Prix Nobel de langue allemande parle de l’être au monde, comme toujours.

     

    Gilles Pétel, Exhibitions (iggybook)

    Mon ancien compagnon de blog évoque l’art contemporain et la chair, dans un roman qu’on pourra à bon droit dire bien troussé.

     

    Gilles Sebhan, Retour à Duvert (Le Dilettante)

    L’auteur de Tony Duvert, l’enfant silencieux (Denoël, 2010) repart sur les traces du grand écrivain sulfureux, pour une biographie qui fera date.

     

     

    photo Pierre Ahnne

     

     

     Des livres dont je vais parler…

     

    Ce n’est pas parce que la rentrée de janvier arrive qu’il faudrait cesser d’évoquer les titres de celle de septembre. Parmi ceux-ci, il en est deux que je recommande d’ores et déjà avant d’y revenir plus longuement :

     

    Football, de Jean-Philippe Toussaint (Les Éditions de Minuit)

    … et pourtant je ne suis, et c’est peu de le dire, guère amateur de ballon rond…

     

    …et Un millier d’années de bonnes prières, de Yiyun Li, qui vient de reparaître chez 10-18, et dessine de bouleversants visages de la Chine contemporaine.

     

     

    photo Pierre Ahnne

     

     

    Des livres dont je pourrais parler plus longuement…

     

    J’ai peu de goût pour les genres, que tant de lecteurs prisent. Mais en les revisitant avec grâce on peut en tirer bien des choses…

     

    Annette Fern, Fais ta prière, Shimon Lévy (Le Verger)

    Les juifs alsaciens et les Alsaciens tout court ayant des amis juifs ne seront pas les seuls à goûter les charmes de ce roman policier qui ne l’est qu’à demi. À l’enquête obligée du commissaire Schweitzer se mêle en effet celle qui lui fait découvrir, en explorateur un brin ahuri, le judaïsme strasbourgeois, ses rituels, ses codes, son histoire singulière qui recoupe celle de toute une région. Annette Fern, spécialiste de yiddish et auteure de théâtre, esquisse une réflexion sur le mélange des cultures.

     

    Loupetitou, Les Aventures du chevalier de Torgluff (Sous la cape)

    Sous ce pseudonyme au sérieux discutable se cache un auteur dont j’ai déjà parlé, de même que j’ai déjà mentionné le facétieux éditeur de ce roman de cape et d’épée qui traverse l’Europe, de Bretagne en Pologne, à une allure étourdissante. On n’y chevauche pas que des purs-sang : ni hommes ni femmes n’échappent à la fougue du chevalier ; même les mules, mon Dieu, ne sont pas à l’abri. Mais le XVIIe siècle se déploie aussi peu à peu dans toute sa complexité, et l’auteur sait rendre au passage les jeux de la lumière et des saisons.



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