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    « Chez nous, un Martini, ça se sert avec une olive, dit le boss, et pas avec une cerise. Seules les boissons sucrées sont servies avec une cerise. 

    — Exact, Sir. 

    — Pourquoi avez-vous servi le Martini avec une cerise ? 

    — Parce que je suis myope, Sir. 

    — O.K. Bronsky. »

     

    Sa femme esquisse un autre sourire mielleux.

    « Et puis, il ne faut pas se gratter le derrière en présence des clients. »

     

    Edgar Hilsenrath, Fuck America

     

    Illustration : Picasso, Nature morte au compotier


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « De temps à autre, la neige mouillée et drue, avant d’avoir atteint le sol, se liquéfiait sous forme d’une pluie lente, et il fallait scruter chaque flocon pour comprendre que ce n’était pas de la pluie, mais de la neige. Cette incertitude suscitait un certain malaise et l’on avait envie qu’il pleuve ou qu’il neige, peu importait, pour savoir au moins comment réagir. »

     

    Andreï Tarkovski, Récits de jeunesse

     

    Illustration : tableau de Zao Wou-Ki


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « Son idéal allait même jusqu’à l’extravagance. Il souhaitait de faire du navrement un repoussoir aux joies. Il aurait voulu étreindre une femme accoutrée en saltimbanque riche, l’hiver, par un ciel gris et jaune, un ciel qui va laisser tomber sa neige, dans une chambre tendue d’étoffes du Japon, pendant qu’un famélique quelconque viderait un orgue de barbarie des valses attristantes dont son ventre était plein. Son art se ressentait forcément de ces tendances. »

     

     J.-K. Huysmans, Les Sœurs Vatard


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « Mon cas ressemble à celui du mendiant qui, en plein hiver, chante sur un pont, à minuit. Les passants ne donnent rien parce qu’ils trouvent cette façon de demander l’aumône un peu trop théâtrale. De même, en me voyant accoudé sur un parapet, mélancolique et désœuvré, les passants devinent que je joue la comédie. Ils ont raison. Mais, tout de même, ne pensez-vous pas que c’est une situation bien triste que celle de mendier à minuit sur un pont ou de s’accouder sur un parapet, pour intéresser le monde. »

     

    Emmanuel Bove, Mes amis


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  • photos Pierre Ahnne

     

    « Il se dirigea vers les chevaux de bois, parc pour les cauchemars des enfants et pour la paresse somnambulique de ceux qui les accompagnent, venant à cette heure — les inusables quatre heures de l’après-midi — de vagabonds, de bonnes sortant du bain, emprisonnant les mains de bandes d’enfants qui contemplent avec des yeux énormes la brillantine de qualité inférieure que le soleil déverse sur les redingotes. »

     

    José Lezama Lima, Paradiso


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