• Paroles d'écrivains« C’était une belle neige d’une pureté boréale. Jean Rabe la regardait avec appétit comme quelque chose qui se mange. Toute la vie intellectuelle de Jean Rabe, depuis sa sortie du lycée, semblait consacrée au perfectionnement des désirs de choses qui se mangent. Il était devenu d’une habileté surprenante dans l’art d’imaginer des nourritures. »

    Pierre Mac Orlan, Le Quai des brumes


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « Il aperçut en face de lui, de l’autre côté de la source, une espèce de gringalet en complet noir, qui avait une cigarette pendant à la lèvre et les mains dans les poches de son veston. Il portait un veston cintré à taille haute et un pantalon tout crotté qu’il avait retroussé sur ses chaussures crottées elles aussi. Son visage au teint étrange, exsangue, semblait vu à la lumière électrique. Sur ce fond de silence et de soleil, avec son canotier sur le coin de l’œil et ses mains sur les hanches, il avait la minceur perfide du fer-blanc. »

    William Faulkner, Sanctuaire


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  • « Chez l’oncle Gustave où l’on m’avait mis quand j’avais huit ans, il y avait des fleurs sur le papier : des pavots rouges dans ma chambre à coucher. L’oncle disait : "C’est la décoration qui sied à une chambre à coucher ; le pavot c’est la fleur du sommeil". C’étaient des yeux arrachés qui ne cessaient de pleuvoir sur moi du plafond, même la nuit quand il faisait noir, même quand j’avais fermé les paupières. »

    Luc Dietrich, Le Bonheur des tristes

     

    photo Pierre Ahnne


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  • photo Pierre Ahnne« Elle avait le visage grêlé, de grands pieds, elle avait un sale caractère, elle se tenait souvent debout sur la meule de pierre devant le seuil de sa porte à vociférer sans raison des injures à la ronde. À ces moments-là, elle avait la main gauche sur la hanche, le bras droit levé, tout dans son attitude faisait penser à une théière ancienne. »

    Mo Yan, Le Grand Chambard


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « C’est avec la plus grande attention et sollicitude que celui qui se promène doit étudier et observer la moindre petite chose vivante, que ce soit un enfant, un chien, un moucheron, un papillon, un moineau, un ver, une fleur, un homme, une maison, un arbre, une haie, un escargot, une souris, un nuage, une montagne, une feuille ou ne serait-ce qu’un misérable bout de papier froissé et jeté, où peut-être un gentil et bon petit écolier a tracé ses premières lettres maladroites. »

    Robert Walser, La Promenade


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