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    « Que c’est embêtant d’écrire !

     

    Passe d’écrire des vers ! On peut n’en écrire qu’un à la fois. Ils se retrouvent, et à la fin du mois on joint les bouts. Et puis il y a la rime qui sert de crochet pour tirer, hisse ! hisse ! jusqu’à ce que le vers se rende, se détache.

     

    Passe même d’écrire une petite nouvelle ! C’est court comme une visite de jour de l’an. Bonjour, bonsoir, à des gens qu’on déteste ou qu’on méprise. La nouvelle est la poignée de main banale de l’homme de lettres aux créatures de son esprit. Elle s’oublie comme une relation d’omnibus.

     

    Mais c’est un roman ! un roman complet, avec des personnages qui ne meurent pas trop vite. »

     

    Jules Renard, L’Écornifleur


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    « Cette habitude de la création, cet amour infatigable de la Maternité qui fait la mère (ce chef-d’œuvre naturel si bien compris de Raphaël !), enfin cette maternité cérébrale si difficile à conquérir, se perd avec une facilité prodigieuse. L’Inspiration, c’est l’Occasion du génie. Elle court non pas sur un rasoir, elle est dans les airs et s’envole avec la défiance des corbeaux, elle n’a pas d’écharpe par où le poète la puisse prendre, sa chevelure est une flamme, elle se sauve comme ces beaux flamants blancs et roses, le désespoir des chasseurs. »

    Balzac, La Cousine Bette


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    Une fois n’est pas coutume : cette semaine, une parole d’actualité, et de poète. C’est souvent chez les poètes que l’on trouve l’actualité…

     

    « Quand les blés sont sous la grêle

    Fou qui fait le délicat

    Fou qui songe à ses querelles

    Au cœur du commun combat »

     

    Aragon, « La Rose et le réséda » (La Diane française)

     

     


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    « Quand un petit homme cherche, angoissé, un endroit où vivre dans une ville inconnue, il se trouve brusquement privé des défenses que le savoir dresse contre les emprises de la magie. Les esprits diaboliques qui hantaient le monde primitif reviennent de leur exil. Rusés et triomphants, ils se glissent dans les cavités secrètes des pierres, dans les veines du bois, dont la connaissance les avait extirpés. L’étranger solitaire, effrayé par son ombre, inquiet du bruit de ses pas, avance parmi les rangs attentifs des divinités inférieures aux noirs dessins. »

    Tennessee Williams, Malédiction


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    « Ils ne sont pas pour Hitler, mais avec Hitler c’est pas tout du mauvais non plus. Dans son pays, il a fait des routes. Si on va par là, dans un pays, les routes ça compte. Mussolini aussi il a fait du bien dans son pays. Lui aussi il a fait des routes. Il a fait des routes et il a assaini les marais pontins. Il suffit de les regarder pour se rendre compte que ça doit être très important de faire ça, les marais pontins. À l’école, l’année d’avant, j’ai appris les marées. Pontins, je ne sais pas ce que c’est, mais ça doit être des hommes qui arrêtent les marées. Des hommes tout nus. »

    Louis Calaferte, C’est la guerre


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