• photo Pierre Ahnne« Quelques sujets de rédactions me reviennent : « Préparatifs de noces chez les Zoulous. » Ou bien : « Le destin d’une boîte à conserves. » Ou bien : « Quand j’étais un bonbon de sucre d’orge et devenais de plus en plus petit dans la bouche d’une petite fille. » Ce qui importait au professeur, c’était d’alimenter notre imagination. »

    Günter Grass, Les Années de chien


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « Tous, dans la rue, cueillaient son image. Au crépuscule, dans ce premier abandon de la nuit romaine, si lourd de rêves, à l’heure de rentrer chez soi… voici que fleurissaient vers elle, des encoignures et des trottoirs, particuliers ou collectifs, en hommage, des bouquets de regards : éclairs et flamboyantes œillades juvéniles, un chuchotis, parfois, qui l’effleurait, murmurante oraison du soir. Il arrivait aussi, en octobre, que de l’évanescente coloration des choses, de la tiédeur des murs, émanât quelque poursuivant impromptu, Hermès voltigeur aux courtes ailes de mystère, ou remonté, qui sait, vers les vivants et leur capitale, par d’étranges Érèbes nécropolitains. »

    C. E. Gadda, L’affreux Pastis de la rue des Merles


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « Joe Chip sortit un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l’évier ; il s’en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.

    — Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.

    — Je n’ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j’en mourrai . »

    Philip K. Dick, Ubik


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  • « L’éclairage, dans le wagon, manquait d’intensité, et ce que voyait en reflet Shimamura était loin d’avoir le relief et la netteté d’une image dans un vrai miroir. Aussi en vint-il facilement à oublier qu’il contemplait une image reflétée dans une glace, pris peu à peu par le sentiment que ce visage féminin, il le voyait dehors, flottant et comme porté sur le torrent ininterrompu du paysage monstrueux et enténébré. »

    Yasunari Kawabata, Pays de neige

    photo Pierre Ahnne


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  • Paroles d'écrivains« C’était une belle neige d’une pureté boréale. Jean Rabe la regardait avec appétit comme quelque chose qui se mange. Toute la vie intellectuelle de Jean Rabe, depuis sa sortie du lycée, semblait consacrée au perfectionnement des désirs de choses qui se mangent. Il était devenu d’une habileté surprenante dans l’art d’imaginer des nourritures. »

    Pierre Mac Orlan, Le Quai des brumes


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