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    « Cette nuque conduisait le regard par un contour plein et renflé à des épaules fort blanches et potelées, que laissait à découvert l’échancrure du corsage et où se trouaient dans l’embonpoint deux fossettes appétissantes. La gorge, sous la pression d’un corps de baleine, tendait à rapprocher ces demi-globes que les flatteurs poètes, faiseurs de madrigaux et sonnets s’obstinent à nommer les frères ennemis, bien qu’ils se soient trop souvent réconciliés, moins farouches en cela que les frères de la Thébaïde. »

     

    Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse

     

    Illustration : Giovanni Silvagni, Étéocle et Polynice (1820-22)


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    « Si les âmes étaient visibles aux yeux, on verrait distinctement cette chose étrange que chacun des individus de l’espèce humaine correspond à quelqu’une des espèces de la création animale ; et l’on pourrait reconnaître aisément cette vérité à peine entrevue par le penseur, que, depuis l’huître jusqu’à l’aigle, depuis le porc jusqu’au tigre, tous les animaux sont dans l’homme et que chacun d’eux est dans un homme. Quelquefois même plusieurs d’entre eux à la fois. »

     

    Victor Hugo, Les Misérables


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    « J’aime à errer au bord de la Seine. Les docks, les bassins, les écluses me font songer à quelque port lointain où je voudrais habiter. Je vois, en imagination, des filles et des marins qui dansent, de petits drapeaux, des navires immobiles avec des mâts sans voile.

     

    Ces songes ne durent pas.

     

    Les quais de Paris me sont trop familiers : ils ne ressemblent qu’un instant aux cités brumeuses de mes rêves. »

     

    Emmanuel Bove, Mes amis


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    « Je ne m’enferme pas dans l’idée du malheur. J’évoque la liberté d’un nuage emplissant le ciel, se faisant et se défaisant avec une rapidité sans hâte, tirant de l’inconsistance et du déchirement la puissance d’envahir. Je puis me dire ainsi de ma réflexion malheureuse, qui sans l’extrême angoisse eût été lourde, qu’elle me livre, au moment où je vais succomber, l’empire… »

     

    Georges Bataille, L’Impossible


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  • photo Pierre Ahnne

     

    « Sérieusement, je ne comprendrai jamais pourquoi les fous se fâchent d’être si bien placés. C’est une maison où on peut se promener tout nu, hurler comme un chacal, être furieux à discrétion et mordre autant qu’on veut et tout ce qu’on veut. Si on osait se conduire comme ça dans la rue, tout le monde serait affolé, mais, là-bas, rien de plus naturel. Il y a là-dedans une telle liberté que les socialistes n’ont jamais osé rêver rien d’aussi beau. »

    Jaroslav Hašek, Le Brave Soldat Chveïk


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