• photo Pierre Ahnne

     

    « J’aime à errer au bord de la Seine. Les docks, les bassins, les écluses me font songer à quelque port lointain où je voudrais habiter. Je vois, en imagination, des filles et des marins qui dansent, de petits drapeaux, des navires immobiles avec des mâts sans voile.

     

    Ces songes ne durent pas.

     

    Les quais de Paris me sont trop familiers : ils ne ressemblent qu’un instant aux cités brumeuses de mes rêves. »

     

    Emmanuel Bove, Mes amis


    votre commentaire
  • photo Pierre Ahnne

     

    « Je ne m’enferme pas dans l’idée du malheur. J’évoque la liberté d’un nuage emplissant le ciel, se faisant et se défaisant avec une rapidité sans hâte, tirant de l’inconsistance et du déchirement la puissance d’envahir. Je puis me dire ainsi de ma réflexion malheureuse, qui sans l’extrême angoisse eût été lourde, qu’elle me livre, au moment où je vais succomber, l’empire… »

     

    Georges Bataille, L’Impossible


    votre commentaire
  • photo Pierre Ahnne

     

    « Sérieusement, je ne comprendrai jamais pourquoi les fous se fâchent d’être si bien placés. C’est une maison où on peut se promener tout nu, hurler comme un chacal, être furieux à discrétion et mordre autant qu’on veut et tout ce qu’on veut. Si on osait se conduire comme ça dans la rue, tout le monde serait affolé, mais, là-bas, rien de plus naturel. Il y a là-dedans une telle liberté que les socialistes n’ont jamais osé rêver rien d’aussi beau. »

    Jaroslav Hašek, Le Brave Soldat Chveïk


    votre commentaire
  • photo Pierre Ahnne

     

    « Et la bonne eau de vie, et la bonne eau de vie ! Elle avait une couleur jaune dans le gros verre, une chaleur qui n’appartient qu’à l’eau de vie et qui semble un bouillonnement. Elle vous passait dans la bouche, descendait et apportait son cœur. Les premières gouttes sont beaucoup moins bonnes ; mais ensuite elle se transfuse et pénètre jusque dans les bras. La conquête du monde est facile : on le prend sur sa poitrine, on l’embrasse, il vous aime. Puis ce bien-être des grandes digestions, cette flambée, ce feu sur du fer ! Allons jusqu’au pôle, allons jusqu’aux cieux, passons et traversons les choses. »

    Charles-Louis Philippe, Le Père Perdrix


    votre commentaire
  • photo Pierre Ahnne

     

    « Est-il vrai que la surface de notre corps dégage perpétuellement une vapeur subtile ? La preuve, c’est que le poids d’un homme décroît à chaque minute. Si chaque jour s’opère l’addition de ce qui manque et la soustraction de ce qui excède, la santé se maintiendra en parfait équilibre. Sanctorius, l’inventeur de cette loi, employa un demi-siècle à peser quotidiennement sa nourriture avec toutes ses excrétions, et se pesait lui-même, ne prenant de relâche que pour écrire ses calculs. »

    Flaubert, Bouvard et Pécuchet


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique