• photo Pierre Ahnne

     

    « C’est avec la plus grande attention et sollicitude que celui qui se promène doit étudier et observer la moindre petite chose vivante, que ce soit un enfant, un chien, un moucheron, un papillon, un moineau, un ver, une fleur, un homme, une maison, un arbre, une haie, un escargot, une souris, un nuage, une montagne, une feuille ou ne serait-ce qu’un misérable bout de papier froissé et jeté, où peut-être un gentil et bon petit écolier a tracé ses premières lettres maladroites. »

    Robert Walser, La Promenade


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  • http-_www.teslogos.comStern qui est écrivain dit j’ai des acouphènes car je suis écrivain, à longueur de journée retentit dans mes oreilles le bruit d’une de ces grosses machines à écrire à peu près impossibles à déplacer qu’on voyait encore dans les bureaux au début des années soixante ou qu’on voit dans les films...

     

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  • « Je l’ai trouvé joli peut-être, ou j’ai éprouvé pour lui cet infect sentiment de pitié que j’ai si souvent éprouvé devant les choses, surtout les petites choses amovibles en bois ou en pierre, et qui me faisait désirer les avoir sur moi et les garder toujours, de sorte que je les ramassais et les mettais dans mes poches, souvent en pleurant, car j’ai pleuré très vieux, n’ayant pas évolué au fond côté affections et passions, malgré mon expérience. »

    Beckett, Malone meurt

     

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  • Dans une semaine, tout juste, nous nous apprêterons à nous rendre, sous la neige et munis de lanternes, qui à la messe de minuit, qui à quelque repas bien arrosé en compagnie de personnes chères. Que mettrez-vous dans votre hotte ? Comme tous les ans, voici en guise de suggestions quelques rappels de cette rentrée…

     

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    Éric Faye, Éclipses japonaises (Seuil)

     

    L’auteur de Nagasaki a rapporté du Japon ce livre qui évoque le destin des personnes enlevées puis retenues en Corée du Nord dans les années 1970 et 1980. Sans négliger les aspects romanesques et émotionnels de l’histoire, Éric Faye l’imprègne du fantastique discret qui lui est cher et l’inscrit insensiblement dans la tradition des grands mythes.

     

     

    Andreï Guelassimov, Les Dieux de la steppe, traduit du russe par Michèle Kahn (Actes Sud)

     

    L’histoire d’un petit garçon admirateur de l’Armée rouge, dans un village de Sibérie, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et celle d’un prisonnier de guerre japonais, expert en herbes médicinales, qui finira par tenir lieu de père au premier… L’auteur de La Soif fait le portrait triste et désopilant d’un monde où règnent la violence, la misère, le désir frénétique de vivre.

     

     

    Claudie Hunzinger, L'Incandescente (Grasset)

     

    L’auteure d’Elles vivaient d’espoir revient au passé maternel dans ce livre qui se donne comme le deuxième d’une trilogie en devenir. Il s’agit ici de Marcelle, avec qui la mère de Claudie Hunzinger connut une brève et lumineuse histoire d’amour entre les deux guerres. L’écrivaine sauve de l’oubli des jeunes filles que la vie a « stoppées net ». Mais, comme toujours, son vrai sujet demeure l’être au monde, dans l’équilibre fragile que lui prête l’écriture.

     

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    Simon Liberati, California girls (Grasset)

     

    Ce sont les « girls » de Charles Manson, celles qui, en 1969, assassinèrent, entre autres victimes, Sharon Tate, la jeune épouse de Polanski. Avec les moyens du roman, et en virtuose, Simon Liberati nous fait partager quarante-huit heures de la vie de ces créatures qu’il rend humaines sans atténuer leur monstruosité. Portrait en négatif d’une époque fleurie, et plongée dans le monde de l’absurde et de la mort.

     

     

    Gilles Sebhan, La Semaine des martyrs (Les Impressions nouvelles)

     

    Ces martyrs, ce sont ceux de la révolution égyptienne de 2011. Le narrateur les côtoie dans les rues lors d’un premier séjour au Caire. Il rend ensuite visite à leurs familles, avec Denis, son ami photographe, dans le cadre d’un travail de mémoire consacré à ces jeunes morts. Exotisme, désir, politique… Gilles Sebhan entrecroise ces fils, en une méditation subtile et sans concession sur ce qui les rapproche ou les oppose.

     

     

    Marie Sizun, La Gouvernante suédoise (Arléa)

     

    Marie Sizun plonge dans l’histoire de ses ancêtres franco-suédois. Et ressuscite son arrière-grand-mère, la fragile Hulda, son arrière-grand-père Léonard, Livia, la mystérieuse gouvernante du titre… Par la grâce d’une écriture toute en finesse, l’auteure du Père de la petite éveille une étrange empathie avec ces êtres disparus, et se peint elle-même dans le double portrait de ses héroïnes.

     

     

    Colm Toibin, Le Testament de Marie, traduit de l’anglais par Anna Gibson (10-18)

     

    La femme du titre est bien celle à qui chacun pense… Dans un long monologue, elle livre une vision assez peu catholique de la vie de ce Fils qui aurait mieux fait de rester à la maison. Avec un émouvant portrait de femme, le romancier irlandais livre une méditation profonde et originale sur la façon dont se racontent toutes les histoires.

     

    Une adaptation théâtrale du roman de Colm Toibin sera à l’affiche de l’Odéon au printemps 2017. Dominique Blanc y jouera le rôle de Marie.

     

    photo Pierre Ahnne

     


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  • « Elle était dans sa boutique comme l’effigie des lundis de fin d’hiver ou de l’automnephoto Pierre Ahnne revenant, des heures très basses où la vie, si l’on n’y prend garde, a tôt fait de nous entraîner. Laide, mal soignée, couleur de pomme de terre, elle avait aussi la voix terreuse, éteinte qu’on prêterait à celles-ci lorsqu’on s’avise d’y songer. Elle ne pensait qu’à faire son bruit de pomme de terre avec d’autres bonnes femmes qui lui ressemblaient. On était là, le filet à provisions dans une main, l’argent des commissions serré dans l’autre, et les deux pecques continuaient comme si de rien n’était, faisaient avec leurs voix, disaient interminablement des choses grises tirant sur le brun. »

    Pierre Bergounioux, La Mort de Brune


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